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C’est le premier roman de Sandor Marai.
Un professeur de latin dans une petite ville hongroise décide de décrire les menus évènements de sa vie et la couleur de ses pensées dans un journal intime. Plus par ennui que par nécessité, l’homme d’une cinquantaine d’années qui commence à rédiger ces pages, se trouve dans une station balnéaire modeste où il s’ennuie dans une solitude épaisse, comme il s’ennuie par habitude.
Il se promène, salue poliment ses semblables, évite les rencontres et les conversations s’octroie quelques centilitres de vin au dîner. Il a une représentation très stricte et précise de ce que doit être sa vie et de l’attitude que doit avoir un homme de sa condition.
Tout son être est régi par une rigueur maniaque, un tantinet méprisante, jusqu’au jour où un homme en villégiature comme lui, va ouvrir une brèche dans ce qui semble si bien réglé.
Il sèmera un doute brûlant dans son cœur qui ne s’éteindra plus.
De retour de ses vacances, le professeur va retrouver son quotidien, ses collègues, ses élèves, sa petite ville. Et pourtant une vérité nouvelle va ronger son âme.
Au fur et à mesure des pages, Sandor Marai, qui écrit à la première personne, nous emporte dans le désespoir abyssal d’un homme qui, malgré une honnêteté implacable sur lui-même, se
crevasse comme une main plongée dans la glace. Il révèle petit à petit les meurtrissures d’un être que le manque tue et dont l’âme réclamera réparation. L’amour, puissant et déplacé qu’il
éprouvera alors, le conduira à une étreinte fatale avec la folie.
Un livre puissant, magnifiquement écrit.
Le premier amour, Sandor Marai, Albin Michel, 303 pages
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