Mardi 17 mars 2009
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17:28
On peut dire que Lise a décroché la timbale.
C'est en tous les cas ce que doivent penser ses ex-collègues du "bar de nuit" où elle oeuvrait, pour quelques billets glissés dans les recoins de ses vêtements en fonction de ses
attentions.
Après une vie de galère, Lise se marie avec l'un de ses clients, Henri, riche veuf qui veut refaire sa vie.
Ca tombe bien, elle aussi veut refaire sa vie. Ou plutôt en changer, complètement, et elle est prête à tout pour cela.
Elle convainc son petit ami Sam de cette nécessité, et fomente un bien mauvais coup.
Mais Henri a un frère, Edouard, étrange, dérangeant, avec qui il entretient une relation mystérieuse.
Et Sam a tout prévu, mais a peut-être oublié un détail. Un tout petit détail. Mais lequel ?
Il est difficile de parler d'un livre dont chaque page recelle son lot de surprises et de rebondissements. Alors peut-être vaut-il mieux ne pas en parler du tout. Disons simplement que,
comme pour "L'absolue perfection du crime", Tanguy Viel s'attaque à une histoire vieille comme le monde, et que
là n'est pas l'essentiel du roman. Les perles se trouvent au fond d'un sac à malice. Dans le dénouement des relations perverses de quatre personnages en quête d'amour et d'argent. Dans l'écriture
d'une efficacité redoutable d'un auteur qui sait faire monter la sauce du suspense comme personne.
Un petit délice à déguster sur ses gardes.
Tanguy Viel, Insoupçonnable, Editions de Minuit, 137 pages
Du même auteur : L'absolue perfection du crime
Appréciation :
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0
Vendredi 14 novembre 2008
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14:30
Le grand-père
de Zoli, seul rescapé de sa famille, tzigane rebel et original, se bat contre les lois ancestrales de son peuple, qui prônent une culture exclusivement orale, pour que sa petite fille puisse
apprendre à lire et écrire.
Poétesse inspirée, Zoli devient la voix sauvage et libre de ses congénères, dans une Tchéquoslovaquie pré-communiste à la recherche de nouveaux repères.
Mais la force de l'écriture devient le pire ennemi de Zoli, et, dans l'absurdité d'un communisme extrême, entraîne le peuple tzigane à sa perte, et Zoli à sa condamnation par les siens.
Si l'amour la tient par le coeur, le peuple tzigane par les tripes, et la trahison par la raison, Zoli reste libre, dans l'exil et la misère, libre avant tout, de reconstituer sa vie.
Une écriture puissante, des personnages originaux et imprégnés, une saga intéressante inspirée d'une histoire vraie. Bref, un très bon roman pour qui aime l'aventure et la
passion.
Zoli, Colum McCann, Editions 10/18, 340 pages
Appréciation :
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1
Samedi 27 septembre 2008
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14:45
Onze textes courts pour dire l'amour qui s'effiloche, comme de petites boules de poussière qui s'insinuent dans les recoins,
que l'on finit par repousser sous un tapis, lequel fatalement ne sera un jour plus assez grand pour contenir tout ce que deux êtres ne se sont pas dit, tout ce qu'ils ont gardé par peur de le
partager, pour tenter de conserver ce qui s'est déjà avarié dans l'ombre de leurs désespoirs, tout ce qui s'est amoncelé à la cave et dont il faudra bien se débarrasser finalement.
Simple et bien écrit, intelligent et efficace, sans prétention, ça touche au but.
"Vous ne l'aimez plus. Vous l'avez vidé de sa substance, vous l'avez usé. Il est devant vous, démuni et fatigué. Et ainsi, il ne vous plaît plus. Une coquille vide que vous avez aspirée.
Peut-on aimer une coquille ? Peut-on aimer un homme qui ne se rebelle pas ?"
Editions J'ai Lu, 80 pages.
Goncourt de la nouvelle 2007.
Appréciation :
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Vendredi 19 septembre 2008
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0
Mercredi 18 juin 2008
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15:50
Juillet 42. Lorsque la police frappe à la porte pour emmener Sarah et sa famille au Vel’ d’Hiv’, la fillette a tout juste le temps
de cacher son petit frère dans une armoire et de la fermer à clé. Elle n’a alors plus qu’un but en tête : s’enfuir pour délivrer son frère.
Mai 2002. Julia s’apprête à emménager dans l’appartement familial légué à son époux. Au hasard de ses pérégrinations journalistiques, elle prend connaissance de l’histoire de cet appartement, et
surtout de l’existence de la petite Sarah.
Ce sont ces deux histoires menées en parallèle que nous suivons, sur les traces de Sarah, dans les pas de Julia. L’une luttant pour la vie, l’autre se dépatouillant avec la sienne, à la poursuite
des mémoires oubliées.
Malgré quelques clichés, il faut avouer que ce roman a quelque chose d’envoûtant. Le commencer, c’est s’assurer de ne plus le lâcher avant qu’il ne soit terminé. Le livre à prendre à
la plage cet été, pour tous publics.
Appréciation :
Du même auteur : La mémoire des murs
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7
Samedi 14 juin 2008
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13:37
On se laisse agréablement porter par la surprise de cette langue poétique, légère dans son emphase, voyageuse comme les personnages de ce roman. On suit, ni loin ni proche, le
regard d'un marin qui vogue et se pose sur les traces de son passage à chaque escale pour mieux quitter, repartir ou revenir. On sourit à chacun de ces personnages originaux, vides et pleins,
troublés et magiques, vivants. On finirait presque par s'ennuyer un peu à trop vouloir rester là, dans ce verbe qui chuchote de grands mots sur de petites plaies ou l'inverse. On retrouve un peu
de Hugo Pratt en plus réel, un peu de Tavernier en plus évanescent. Et l’on se pose, aux dernières pages, un peu changé tout de même, en se disant que l’on a parcouru un bien joli chemin.
Appréciation :
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0
Vendredi 13 juin 2008
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10:35
François Berléand écrit à la première personne sa biographie en tant que « fils de l’homme invisible » avec l’humour
et la distance d’un conteur amusé. La lecture se fait d’un trait.
Elevé dans une famille bourgeoise, pourtant adoré par une mère aimante, le petit François se construit dans un univers parallèle dans lequel il se tait et s’enferme souvent.
Sa soif d’amour et sa peur de n’être pas à la hauteur, font de lui un être fragile et souvent incompris, d’une intelligence au service de ses digressions fantaisistes.
Retraçant l’archéologie d’un esprit vaguement paranoïaque et brillamment spéculatif, il raconte, devenu adulte, avec une sincérité très touchante, comment il est parvenu à réduire ce
grand écart entre la réalité et son imaginaire et surtout comment il a réussi à grandir avec.
Le récit n’est jamais larmoyant, souvent drôle et nous donne à réfléchir sur les vertus de la parole, un mot bien dans l’air du temps, qui prend dans ces lignes tout son sens.
Si l’homme qui raconte a compris sa vérité, il tend à nous dire aussi que les chemins de l’enfance si tortueux soient-ils, ne sont qu’un passage original vers une vie choisie.
Appréciation :
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1
Mercredi 11 juin 2008
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11:17
Lambert
est dans un drôle d’embarras. Son maître est décédé, remplacé par le fils maudit, le fils écarté, oublié, que l’on connaît à peine, la mauvaise graine. Autant par fidélité que par nécessité,
Lambert le garde-chasse reste tout de même au château, et continue son travail avec son nouveau maître, qu’il apprend à respecter, voire à apprécier. Mais voilà que ce noble oisif et fantasque se
met à évoquer de drôles d’idées. Des idées de liberté et d’égalité, de république et de révolution. Il entretient aussi de drôles de mœurs, avec de drôles de femmes, avec qui il passe de drôles
de nuits. Lambert, homme droit profondément ancré dans ces terres de l’Ouest, ne sait que penser de tout cela, et encore moins comment gérer les lubies de son maître, qui se font de plus en plus
dangereuses et insistantes.
La relation entre ces deux hommes que tout oppose est particulièrement riche. Les impressions se mélangent, François Vallejo nous balade dans ces terres de l’ouest, de clins d’oeil en
sourires, de sourires en frayeurs, de frayeurs en horreurs, en sourires à nouveau.
Prix Inter 2007
Appréciation :
"J'aime quand vous me désobéissez, Lambert, cela est rare, mais cela fait de vous un homme libre"
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Vendredi 23 mai 2008
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17:13
Vincent reçoit une lettre terrible de son ex-femme Geneviève, lui annonçant sa mort prochaine, et lui demandant de se rendre à son chevet le plus vite possible. Vincent s’y précipite, autant par
devoir que par amour, et se retrouve comme happé par son passé. Ces deux êtres perdus ont eu à subir, quinze ans plus tôt, la disparition de leur fille de 10 ans. Nouvelle perte, nouvelles
errances sur les blessures de leurs désespoirs, premiers mots échangés depuis le drame qui les a anéantis et séparés. Vincent et Geneviève se doivent l’un à l’autre, un temps, une dernière fois.
Clore la vie par la vie.
Laurence Tardieu livre ici une histoire troublante et triste, où perce pourtant l’espoir, qui s’immisce en chacun, malgré tout.
Appréciation :
Du même auteur : Rêve d'amour
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2
Samedi 19 avril 2008
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17:07
Hailsham est un centre, quelque part en angleterre, qui accueille des enfants, de tout petit à l’adolescence. Marquée par son passage dans cet établissement étrange, Kath nous relate avec
mélancolie ses souvenirs d’enfance. Les journées d’étude, de sport, et d’activités créatives en tous genres, les regroupements et les échanges d’œuvres artistiques entre élèves, les « gardiens »,
chargés d’éduquer et préparer plus que de surveiller. Mais préparer à quoi ? Eduquer dans quel but ? Pourquoi l’art parait si essentiel à tout le monde ? Quel avenir attend donc ces enfants
chargés de mystère, craints par leurs professeurs malgré leur douceur et leur innocence ? Qu’y a-t-il juste derrière l’enceinte de Hailsham ? Quel monde et quelle vie attendent Kath, Ruth,
Tommy et les autres ?
Ishiguro dévoile son intrigue au fil des pages, et croise les histoires parallèles pour mieux capter et surprendre. On se retrouve comme ses personnages, un peu perdu dans un monde dont on
reconnaît les secrets sans pouvoir les percer. A l’instar de ses « gardiens », l’auteur lève un bout du voile à chaque chapitre, et l’on est comme happé par les questions posées et les réponses
apportées, par ce monde si terriblement proche du notre, par les destins de ces jeunes que l’on voudrait sauver de leurs chimères.
Un roman d’anticipation intelligent autant qu’émouvant, saupoudré d’une pincée de philosophie qui n’est pas sans rappeler les plus illustres des prédécesseurs de Ishiguro : Aldous Huxley
et Georges Orwell.
Appréciation :
Publié dans : Nouveautés Poche
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