Des papillons sous la pluie, de Mira Maguen
Adam Ouria est un jeune médecin de 25 ans qui abrite en lui un petit garçon de 10 ans, dont la mère est partie un jour sans plus donner de nouvelles, lui laissant un papillon en verre coloré comme seul lien.
D’elle, il garde les souvenirs des temps infiniment longs : ceux à l’attendre sur le rebord d’une marche tandis qu’elle lave les escaliers des immeubles, ceux qu’il égrène dans l’espoir de son retour et enfin ceux dans son hésitation à la revoir, quand elle lui passe ce fameux coup de téléphone 10 ans plus tard : « je serai là dans deux jours ».
Adam, élevé par une grand-mère aussi protectrice que volubile à présent atteinte par la maladie, vit ses moments d’avant le possible retour comme une plongée en apnée dans le flou du doute. Qu’attendre de ses retrouvailles, comment trouver la force du pardon, comment réparer l’enfance ? Est-ce seulement possible ?
Dans un style très analytique, l’auteure campe l’intime enfance qui sommeille dans un homme pour qui aujourd’hui est aussi incertain qu’hier.
On s’attache à suivre les questionnements du personnage central, hésitant, angoissé, regardant douloureusement vers un passé qui surgit comme un diable de sa boîte, balançant entre hier et l’avenir. Qui est cette mère versatile qui lui a souvent répété «tu seras ce que tu voudras être » ?
Appréciation : ![]()
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