Les accomodements raisonnables, de Jean-Paul Dubois
Dans la famille Stern, les choses tournaient plus ou moins rond, avant le décès de l’oncle, Charles, vénal et méprisant, frimeur et décadent, en tous les cas aux dires de son frère, Alexandre. Ce frère, justement, qui hérite de la fortune de Charles, a vite fait d’oublier ses bigoteries et ses principes fondamentaux, pour s’adonner au luxe et à la volupté.
Son fils Paul regarde tout cela avec circonspection, et se perd rapidement lorsque son épouse, en désuétude, au bord de la rupture, décide d’entamer une cure de sommeil pendant laquelle, enfin, plus personne ne pourra lui parler.
Il décide alors de sauter sur l’occasion d’une proposition professionnelle qui a l’avantage de se dérouler très loin de sa famille : partir à Hollywood écrire l’adaptation d’un scénario français pour le marché américain.
Il rencontre là-bas le double de sa femme, avec 30 ans de moins, la vie et l’amour en plus, et tente, comme il peut, de vivre dans ses mondes parallèles, de suivre un chemin qui n’est pas le sien, sans rien espérer de sa destination. Mais à jouer avec ses reflets, on finit forcément par se voir à l’envers, et les situations ont tôt fait de se retourner avec le plus grand naturel.
Jean-Paul Dubois manie allègrement les jeux de miroir, les pertes de ses personnages, leurs paradoxes, leurs petites hypocrisies quotidiennes, les mensonges et les non-dits, pour décrire des vies qui tiennent debout par la force de ces petits accommodements que tout à chacun fait avec lui-même. Un bon roman, qui aurait gagné à rester sur le mordant des premiers chapitres.
Editions de L'Olivier, 260 pages
Rentrée Littéraire 2008
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