Egypt Farm, de Rachel Cusk

Publié le par La Muse agitée

Michael et Adam sont amis et étudiants. Adam a convié Michael à Egypt Farm, fief de sa famille pour une fête. Une photographie s’est imprimée ce jour dans la mémoire de Michael, une sorte d’image idyllique d’un lieu rare et dessiné au pinceau assorti d’une famille aussi excentrique que positivement exceptionnelle. Un souvenir chéri et sublimé par la nostalgie.
Les années ont passé et les deux hommes se sont perdus de vue.
A la faveur d’un évènement, ils se retrouveront à nouveau à Egypt Farm, au milieu des collines et des agneaux, avec les membres de cette même famille.
Michael, le narrateur, y viendra accompagné de son petit garçon qui souffre de trouble de la parole, pour tenter d’aérer sa relation avec sa femme Rebecca, aussi instable que querelleuse.
Rachel Cusk n’épargne pas le lecteur. Son sens de la description trouve ici toute son aisance tant on visualise les paysages décrits. On passe du sublime au glauque, du vert au gris et du lumineux au terne, sur la même terre. Rachel Cusk gratte petit à petit le vernis du tableau, jusqu’à la toile.
Ce que voit Michael semble intimement lié à ce qu’il ressent et l’amertume va transpirer par tous les pores du panorama. La famille baroque devient un nœud de vipères et la photo du bonheur ressemblera plus à une coupure de journal à sensation.
Rien ne semble sauver le pauvre Michael, aussi mou qu’une éponge imbibée d’eau et dont la femme partira à son retour le trouvant émotionnellement sec.
Un roman cruellement raffiné, dont les personnages se fanent au fil des pages dans un décor de carton pâte.

Editions de L'Olivier, 290 pages
Rentrée Littéraire 2008

Appréciation : undefinedundefinedundefined



Du même auteur : l'excellent Arlington Park vient de sortir en poche
 

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Publié dans Nouveautés

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