La bombe et moi, de Anna Rozen
Comment vivre quand on est habitée à la fois par une folle envie de découvrir les joies de la sexualité sous toutes ses formes (une bombe) et par une pudeur « moralo-déprimante » qui annihile toute possibilité de jouissance (l’autre)?
Voilà le thème schizophrène (le mot est lâché) que propose Anna Rozen dans son nouveau roman.
Il y aurait eu un intérêt certain à découvrir les tiraillements d’une femme entre ses désirs (avoués ou pas) et la manière de les assumer au mieux.
« Suis-je objet de désir ou sujet de désir ? »
Au lieu de ça, Anna Rozen qui n’a pas du se remettre du succès de son fringuant « Plaisir d’offrir, joie de recevoir », nous propose un texte d’une platitude et d’un conformisme à faire bailler les nones. On pouvait suivre avec un sourire aux lèvres les tribulations dues aux expériences sexuelles aussi gaies que spontanées de l’héroïne du précédent, mais cette fois ci le duo à la Jekyll et Hyde égraine lamentablement les embarras de situations toutes plus caricaturales les unes que les autres (la partouze, le retour de l’ex, la fête chez les bobos, etc).
Espérons que l’auteur, dont la plume reste vive et moqueuse, puisse enfin régler ses problèmes existentiels pour passer le cap et nous réjouir d’un vrai roman au lieu d’un bref rédactionnel.
A noter les illustrations de Ludovic Debeurme, plus anecdotiques que digressives dans ce contexte.
La bombe et moi, Anna Rozen, Editions Le Dilettante, 160 pages
Rentrée Littéraire 2008
Du même auteur : Plaisir d'offrir, joie de recevoir
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