La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano
Mattia est un jeune homme surdoué, qui concentre toute sa souffrance sur l'étude des mathématiques, paliatif inexorable à la vie et à son lot de douleurs existentielles.
Alice, qu'il a rencontrée au lycée, partage avec lui de premières années handicapées par un évènement malheureux marquant à jamais son corps et son être.
Ils se voient, se côtoient, s'apprivoisent l'un l'autre, sont seuls et ensemble tout de même un peu. Ne serait-ce qu'un peu. Pas trop loin, même si s'approcher reste une impossibilité intrinsèque à leur condition.
Mattia et Alice grandissent, font chacun leur chemin, proches et lointains à la fois. Ensembles et séparés. Comme les nombres premiers que Mattia affectionne tant. Ces nombres différents, solitaires au milieu de la foule des autres, "normaux". Certains de ces nombres possèdent pourtant un "jumeau", dont ils restent proches, comme pour se tenir chaud.
Ce premier roman d'un jeune auteur italien, étudiant en physique théorique, est en train de remporter un beau succès en France, après avoir raflé le prix Strega 2008 (équivalent du Goncourt en Italie). Et il faut dire qu'il a de quoi surprendre et toucher. Le lecteur y suit ces deux vies avec émotion. Elles se déploient tout en retenue, s'accrochent l'une à l'autre, se défont, se retrouvent, tout en restant dans une certaine forme d'incommunicabilité. Un joli roman sur deux êtres un peu différents, ou juste uniques, comme nous le sommes tous.
Paolo Giordano, La solitude des nombres premiers, Editions Seuil, 330 pages
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