Zones humides, Charlotte Roche

Publié le par La Muse agitée

Charlotte Roche, Zones humidesHelen est une jeune fille de 18 ans hospitalisée pour l’opération d’une fissure anale. Depuis son lit d’hôpital, elle « fait le tour » de sa région génito-anale et de toutes ses prouesses sexuelles en se remémorant comment elle s’en sert pour son plaisir et comment elle aime goûter les sécrétions en tout genre de son anatomie, voire de celle d’autrui. Cela va des petits vers de peaux qu’elle grignote, à son extraordinaire passion pour le sperme, en passant par la sodomie qu’elle pratique de bon cœur, tout en se parfumant derrière les oreilles de ses humeurs vaginales et en offrant à son sexe ce qu’il y a de meilleur en matière d’amant visionnaire. Helen nous décrit sa souffrance après l’intervention chirurgicale, tout en nous régalant donc de ses rapports sexuels et de ses matières fécales le tout saupoudré de quelques visions terribles de sa mère et de son petit frère cherchant à s’anéantir en ouvrant le gaz. Ah ! le fameux duo plaisir et souffrance ! Ce livre a été traduit dans plus de 27 pays et suscite parait-il un vrai débat. L’auteure de 30 ans dont c’est le premier roman, positionnerait cet ouvrage comme un nouvel opus féministe qui dans un langage accessible, tordrait le coup à l’image hygiéniste et idéale de la femme. Peut-être que le « débat » est intéressant, peut-être qu’une autre Virginie Despentes va remuer un peu la littérature et ses poncifs sociétaux, peut-être qu’il est bon de découvrir des auteurs contemporains qui s’expriment dans un roman différent et nous offrent une possibilité de comprendre de nouveaux modes de vie. A vrai dire, on s’emmerde ferme dans ce livre, et le mot est choisi. Certes, il y a un ton, de l’humour, mais quel rabâchage ! J’avoue que passées les 100 premières pages, j’ai parcouru vite fait les dernières… Car malgré une volonté assez lisible de choquer le lecteur, il n’y a absolument aucun fond et l’étalage de crudités n’en fait qu’un menu bon marché, répétitif et ennuyeux. La fin, digne d’un film de Walt Disney, Hélène part avec son infirmier vivre une histoire d’amour, remet vite en place la provocante narratrice qui finira avec un herpès ou au pire une mycose (ce qui la décevrait surement) à force de s’essuyer sur la cuvette des toilettes publiques. Pas de quoi en faire une thèse… Reste l’engouement que provoque ce roman partout où l’auteure donne des lectures et qui tendrait à prouver que le stade annal dans l’écriture, est bien difficile à dépasser.

Charlotte Roche, Zones humides, Editions Anabet

Appréciation : 

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Publié dans Nouveautés

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M
Je rejoins ton commentaire ci-dessus : le féminisme est bien loin. Nos chères féministes se sont battues pour la liberté des corps, le droit au plaisir. Mais maintenant, c'est l'inverse il faudrait défendre les jeunes filles dont les corps sont devenus de vulgaires marchandises, avec obligation de performance. L'auteur de ce livre a le droit d'avoir des préférences sexuelles mais il faudrait dissocier un choix personnel du féminisme qui est tout simplement la revendication de décider librement de sa vie !
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D
bravo pour cette critique, j'ai bien aimé le ton qui change de l'habituel :)
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L
En effet, nous sommes bien loin du féminisme et le livre de Charlotte roche me semble aussi féministe que ceux de Nadine de Rothschild ! Les deux branches opposées d’un même arbre qui met au centre ce qui doit se faire ou pas pour être Femme. Car enfin, je plains les jeunes filles d’aujourd’hui qui se doivent d’être friandes de trash pour paraître libérées comme je plains celles d’hier qui se devaient d’être silencieuses et incultes. Le corps des femmes existe dans ce qu’il est, le mettre au centre du débat me paraît un bon moyen de perpétuer encore pour longtemps la violence qui lui est faite (les extrémistes vont se régaler !). Quant à l’érotisme du récit, que celle qui préfère le vomi dans sa bouche au baiser dans son cou me jette la première pierre ! <br /> Le lancement du livre s’est fait à grand renfort d’agence de pub et de plan marketing, l’auteur présentatrice télé allemande a bien compris l’intérêt des images au détriment du sens, le site internet s’adresse aux jeunes. <br /> Ceci dit, ce qui est bien, c’est encore d’avoir le choix de lire Zones Humides, ou pas…
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S
J'en ai discuté avec une amie qui l'a lu et je suis certaine que je n'apprécierai pas.
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Y
C'est être féministe que se parfumer aux sécrétions vaginales... cette femme a un drôle de point de vue... en tout cas, elle sait attirer l'attention sur elle à défaut de pouvoir retenir l'attention du lecteur, on dirait...
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