La porte des enfers, de Laurent Gaudé
En amenant son fils à l’école, Matteo tombe en plein milieu d’un règlement de comptes dans les rues de Naples. Son petit garçon prend une balle perdue au ventre et décède dans ses bras. Matteo et sa femme, Giuliana, sont anéantis, et perdent toute raison d’être. Si Giuliana entre en colère comme on entre en croisade, Matteo quant à lui erre comme une ombre dans la ville des nuits entières. Jusqu’au jour où il rencontre une drôle de confrérie, quatre personnages originaux et pleins de compassion, qui le pousseront à rejoindre le royaume des morts, à passer la porte des enfers, pour retrouver et ramener son fils à la vie.
Pas de doute, Laurent Gaudé n’a rien perdu de sa force narrative. Suivre ses personnages se débattre avec leurs destins tragiques dignes des contes mythiques de nos ancêtres est un régal. La description des enfers, avec pour guide une âme en perte de son être, à la manière de Dante, est d’une originalité rare. On retrouve un peu du Soleil des Scorta, un peu de La Mort du Roi Tsongor, dans cette balade aux bords du Styx, dans le noir et la lumière de ces rudes combats contre la vie et la fatalité. Et l’on termine le roman en ayant déjà hâte de lire le prochain.
Editions Actes Sud, 266 pages.
Rentrée Littéraire 2008
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Du même auteur : La mort du roi Tsongor, Dans la nuit Mozambique