Dessous c'est l'enfer, de Claire Castillon

Publié le par La Muse agitée

Ce n’est pas seulement dessous que nous propose d’aller y voir Claire Castillon, mais aussi derrière, au travers, à l’envers, à l’intérieur et en-dedans.
Un voyage intime dans la vie d’une femme qui écrit comme elle pense et ce n’est ni lisse, ni dépourvu d’ironie, d’autant qu’elle n’hésite pas à nous  prendre sans pudeur comme confident.
Cette femme-là ne sait pas aimer. Elle a beau essayer, elle n’y arrive pas.
Elle est irriguée du sang des générations précédentes. Le sang transportant une malédiction familiale qui fait des femmes de « bonnes ânesses dévouées et soumises ».   L’homme du livre est donc tout naturellement baptisé « l’âne » dès la première page.
Tout au long du récit,  l’auteure alterne les paragraphes narrant sa vie présente avec ceux de son passé de petite fille appesantie de solitudes.
Cherche-t-elle une paraphrase à son incapacité à vivre aujourd’hui l’amour ?
Y voit-elle une sorte d’excuse plausible, acceptable, imparable ?
Il faut aimer le sens de l’observation que déploie Claire Castillon, il faut aimer son exigence, son inspiration, la couleur de ses mots embrochés parfois avec poésie. Il faut aimer plonger dans la marre au canard de ce monde immergé dont on ne pourrait apercevoir que l’îlot. Il faut aimer être un peu voyeur.
Alors, on lit cette aventure sentimentale  qui s’essaye à durer et à être belle et unique, puis la suivante  qui se profile inévitablement, avec les yeux d’une auteure fantasque, égocentrique et impertinente.

Editions Fayard, 230 pages
Rentrée Littéraire 2008

Du même auteur : Pourquoi tu m'aimes pas ?

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Publié dans Nouveautés

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