Seul dans le noir, Paul Auster

Publié le par La Muse agitée

Seul dans le noir, Paul AusterAugust Brill est un ancien critique littéraire à la retraite. Il vit avec sa fille et sa petite-fille, dans une maison marquée par le destin. Chacun son malheur, appesanti du malheur des deux autres. Alors pour contrer ses insomnies et éviter de trop penser à ses déchirures, August Brill s'invente des histoires. Il imagine une Amérique où les évènements des dernières années ne se seraient pas passés de la même manière. Une Amérique sans 11 septembre, sans guerre d'Irak, mais où certains Etats auraient fait sécession. Une amérique elle aussi déchirée par une guerre civile absurde. Il imagine que la seule façon de cesser cette guerre serait d'obliger l'un de ses personnages à le tuer, lui, August Brill, l'auteur de ce chaos.
Et puis il finit par arrêter lui-même cette guerre et ce scenario, et par se concentrer un peu plus sur ses proches. Il remonte le fil de l'histoire de sa petite-fille, puis de sa fille.
Il leur parle de leur mère et grand-mère, et il recolle quelques morceaux, comme il peut, conscient que si sa vie est proche de la fin, la leur n'en est qu'au début, et qu'il va bien falloir penser à se reconstruire sur de nouvelles bases.

Paul Auster jouit d'une aura peu commune d'écrivain surdoué. Bien entendu, l'auteur sait écrire, et a toujours de bonnes idées à proposer à ses lecteurs. Pourtant, on peut digresser autant que l'on veut sur la métaphore du pays déchiré à l'image des personnages, ou l'inverse, ou sur la vraie-fausse critique de l'Amérique de Bush (plutôt légère, cinq lignes sur l'erreur d'une guerre en Irak, sans la moindre analyse), on se retrouve au final avec un semblant de roman.
Une idée de départ très intéressante mais qui s'arrête au milieu du livre, un mélange de générations prometteur et qui tombe à plat face au manque terrible d'originalité des personnages.
Bref, sans être mauvais, ce roman paraît franchement inachevé, et la seule question qu'il pose est : n'est-on pas en droit d'attendre beaucoup plus d'un écrivain aussi doué ?


Paul Auster, Seul dans le noir, Editions Actes Sud, 180 pages

Appréciation : undefined


PS : pour ceux qui ont aimé la première partie de ce roman, avec ce mélange entre imaginaire et réalité, La Muse recommande fortement Le secret de Caspar Jacobi, de Alberto Ongaro !

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Publié dans Nouveautés

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N
<br /> Je n'ai jamais été un fan d'Auster, je n'ai donc donc pas lu ce roman. Je n'ai pas accroché à la Trilogie new-yorkaise ni à La nuit de l'oracle. Mais même les amateurs de cet auteur ont<br /> majoritairement critiqué ce roman, apparemment inabouti.<br /> <br /> <br />
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L
Argh ... bon, manifestement, d'autres personnes sont bien plus enthousiastes ... alors peut-être que ça te plaira quand même, et ce sera l'occasion de partager ton point de vue.<br /> A bientôt.
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S
Pas de chance, je viens de le recevoir et je tombe sur ton article très réservé!
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E
je suis plutôt d'accord avec toi. J'ai aimé ce roman, mais je ne peux pas dire que c'est un bon Paul Auster. Je n'irai peut être pas jusqu'à dire que c'est inachevé mais c'est peut être un peu fouilli... mais on lui pardonne parce que justement, Paul Auster est Paul Auster ! ;-)
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L
Au vu des différents articles sur les blogs, il semblerait que ce roman divise en effet les lecteurs. <br /> C'est intéressant de lire les différentes approches d'un même livre. <br /> A chacun ensuite de se faire son opinion.<br /> Merci d'être passée, <br /> A bientôt.
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