Qui touche à mon corps je le tue, Valentine Goby
Trois personnages vivent une journée à la frontière de la mort. Marie G, avorteuse qui attend d’être guillotinée, Lucie L, femme avortée dont le ventre se tord et Henry D, bourreau de l’état, vidé de sa substance humaine par ces actes successifs.
Le maillon qui les relie s’étend sur vingt quatre heures, de l’aube à l’aube suivante.
De chacune des vies, Valentine Goby extrait le motif et entraîne le lecteur dans une plongée en abîme, à la frontière d’un jour redoutable.
Les sentiments éprouvés sont d’une force brutale. On sait la fin du livre. On traverse la vie des personnages pour sillonner leur passé à la recherche d’une forme de cohésion avec le présent.
Tout est de chair, de sang, de peur dans ce livre. L’écriture est forte, violente, douloureuse et aucune précaution n’est prise avec le lecteur.
L’auteur raconte, incise, fouille, nous rappelle la puissance du corps et décrit les faits avec une précision de chirurgien.
Que la robe de bure de condamnée frotte et écorche la peau de Marie, que le regard d’Henry soit perdu pour le monde des vivants ou que Lucie se torde dans sa douleur, on s’attache à respirer les quelques souffles de vies qui les relient encore à nous.
On ferme le livre, pantelant, avec un malaise qui hérisse le cœur.
Un livre à l’écriture sauvagement belle qui parle de la mort au plus près d’une réalité crue et inévitable, à travers trois destins encore vivants, explorés jusqu’à l’âme.
Valentine Goby, Qui touche à mon corps je le tue, Editions Gallimard
Extrait ici - premières pages du roman
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