Lune captive dans un oeil mort, Pascal Garnier
Un couple de retraités vient s’installer dans une résidence sécurisée pour séniors dans le sud de la France, espérant trouver le beau temps et la compagnie tranquille de leurs contemporains.
Premiers arrivés dans ce « parking » promettant le bonheur serein auquel on peut prétendre à la fin d’une vie, Martial et Odette sont seuls avec un gardien silencieux et rigide.
Pelouses tondues au carré, piscine, portail d’entrée, maisonnette aménagée avec un confort rigoureux, ils s’ennuient et espèrent une vie sociale sympathique. Les nouveaux arrivants vont combler leurs attentes d’apéritifs dinatoires et de papotages polis.
Jusqu’à ce que le dérapage inévitable arrive, matérialisé par une paranoïa qui se développe au fur et à mesure des confidences.
L’animatrice de la résidence fume des pétards à la file, un camp de gens du voyage à proximité échauffe les esprits méfiants, le pétard de Maxime attise l’imagination de Martial, Marlène parle à son fils décédé et une femme seule ce n’est pas très normal dans ce lieu.
Tout ce petit monde voudrait bien vivre le rêve et le bonheur dans un paquet cadeau enrubanné, mais ce sera une toute autre aventure qui les attend.
Le récit penche inévitablement vers le drame avec un humour noir des plus délectables !
L’ironie est parfois tendre, la logique du récit juste et le suspens garanti.
On sourit à cette fable maligne et parfois pathétique.
Ces retraités qui rêvent d’un monde aseptisé et dégagé de toute menace, qui veulent couler des jours paisibles dans un paradis de pacotille ont emporté avec eux leurs blessures, leurs fantasmes et leurs mensonges. Humains trompés par la grande braderie de la béatitude, et qui se réveilleront sous le regard de la lune au beau milieu d’un pugilat jubilatoire pour le lecteur!
Drôle et caustique.
Pascal Garnier, Lune captive dans un oeil mort, Editions Zulma
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