Le fait du prince, de Amélie Nothomb
Lorsqu’un inconnu débarque chez lui sous un pretexte douteux pour venir mourir indécemment dans son salon, Baptiste Bordave se demande légitimement quoi faire. De fil en aiguille, d’hypothèses en conjectures, il en vient à remettre en cause sa petite vie inutile, et à décider d’en changer, de prendre celle qui est là étalée devant ses yeux : celle du mort. Ni une ni deux, une usurpation d’identité plus loin, le voilà dans sa nouvelle voiture, un bolide, en route pour sa nouvelle demeure, luxueuse, à la rencontre de sa nouvelle femme, sublime. Il joue sur les mots et les quiproquos pour prendre place dans cette nouvelle vie, et entame une relation enrichissante, à base de champagne et de confidences, avec cette épouse patiente et douce, superbe et discrète. Que cache-donc la facilité avec laquelle Baptiste a pu devenir Olaf ? Où le mènera ce petit jeu qui semble dériver vers des dangers insoupçonnés ?
Comme à chaque rentrée littéraire, le nouvel Amélie Nothomb est là, tel un fruit de saison. Comme d’habitude, le scénario se tient, les idées s’enchaînent, le tout se lit en un rien de temps, et l’on passe un bon moment, que l’on aura assez vite oublié. Voilà une comédie légère et piquante, qui ferait un bon téléfilm, avec ses idées originales, ses situations incongrues, et deux ou trois bonnes répliques. Et même si l’on peut regretter que l’auteure ne mette pas son talent plus à l’épreuve, on peut se l’avouer : c’est bien cette superficialité calculée que l’on est venu chercher, et que l’on retrouvera avec plaisir mais sans passion au prochain Nothomb.
Editions Albin Michel, 170 pages
Rentrée Littéraire 2008
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